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Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

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Un anniversaire mouvementé

Merci à tous ceux qui ont bien voulu poster un commentaire à mon dernier article.

Pour célébrer le 60e anniversaire de la déclaration Schuman, qui reste l’acte de naissance de l’Europe, celle-ci se paye une tourmente comme elle n’en avait pas connu depuis longtemps.

Certains y voient l’occasion d’avancer sur le chemin de la construction d’une Europe plus solidaire, sinon plus intégrée ; d’autres au contraire prédisent son éclatement ou son évolution vers une simple zone de libre-échange avec une disparition de l’Euro.

Un tel retour en arrière est-il possible ? les dégâts seraient considérables, et l’Europe ne s’en remettrait pas : les dévaluations compétitives que l’on a connues autrefois feraient rage, se traduisant pas une chute vertigineuse de toutes les monnaies des pays membres, y compris probablement du Deutsch Mark : L’Allemagne ne pourrait pas rester à l’écart d’une tempête qui emporterait ses principaux clients... Le prix des denrées importées flamberait, et le résultat serait un appauvrissement colossal de toutes les économies européennes. Sans compter que la chute de l’Euro entraînerait sans aucun doute celle de toute la construction européenne : l’Euro est le pivot de l’Europe, son ciment – on le voit bien : les pays qui ne sont pas dans l’Euro – la Grande-Bretagne en premier lieu - s’écartent petit à petit de l’Union, à tel point que Noëlle Lenoir posait la question dans le n° de Challenge de jeudi : « les britanniques sont-ils dedans ou dehors ? Il faut maintenant choisir ». Et la question s’adresse à chacun des trois leaders politiques qui briguent le 10 Downing Street..

Est-il possible de faire l’économie d’une intégration plus poussée ? Les derniers événements semblent prouver que non : ce week-end, les ministres des finances de la Zone Euro ont mis sur pied un plan ambitieux, non seulement par les montants financiers en cause – plus de 700 milliards d’euros - mais aussi et surtout par la mise en place d’un « mécanisme de stabilisation », préfiguration d’un Fonds monétaire européen, et de mesures censées éviter le renouvellement de la crise grecque et son extension à d’autres pays membres. Il faut noter que sans le traité de Lisbonne, qui prévoit dans son art. 119 que les états membres peuvent se prêter assistance si des circonstances exceptionnelles le nécessitent, la mise sur pied de l’assistance à la Grèce et aux autres pays menacés n’aurait pas été possible...

Dans une interview parue jeudi dans Challenges, Jacques Delors, le « père spirituel » de l’Euro, donne son avis sur la crise actuelle. Il est on ne peut plus clair : les marchandages à la petite semaine, l’absence totale de vision à long terme, l’égoïsme national et la perte de l’idéal européen nous ont amenés là où nous en sommes. N’en déplaise à Félix, ce n’est pas ainsi que peut fonctionner un ensemble de 16 pays ayant une monnaie commune face à des marchés hyper-réactifs, et aux grands défis de la mondialisation: nous avons perdu trois mois en tergiversations, alors que les mesures qui viennent d'être prises étaient évidentes.Ce délai a permis le développement de l'attaque spéculative contre l'Euro.

Maintenant deux questions se posent:

- la première est de savoir si l’Europe peut infliger aux pays membres en difficulté une cure d’austérité d’une telle violence. L’Allemagne ferait bien de se demander si le remède qu’elle exige n’est pas pire que le mal. Les risques d’explosion sociale ne sont pas négligeables. Et surtout les risques de casser la timide reprise qui se manifeste depuis le début de l'année. Louis a raison : une baisse de l’Euro vers son niveau de départ, c'est-à-dire env. 1,20 $ pour 1 € , ne serait pas catastrophique, bien au contraire, et elle bénéficierait plus aux Allemands – qui exportent beaucoup – qu’à nous, qui importons beaucoup.

- la deuxième est : comment faire redémarrer la croissance? Car ce n'est qu'en faisant repartir le moteur économique que l'on pourra résoudre à terme le problème de la dette. Et pour le moment, l'Europe, avec un taux de croissance inférieur à 1%, ne donne pas de signes très encourageants. Il faudra vraiment mettre en oeuvre des mesures de relance concertées qui ne gonflent pas les déficits budgétaires. L'Europe sait-elle faire? A-t-elle les moyens de définir et mettre en oeuvre une politique industrielle? Cela demandera encore beaucoup de temps et d'efforts, mais c'est pourtant la seule voie possible, dans laquelle il faut s'engager dès maintenant.

Il est une autre mesure dont les Européens devraient se doter ; c’est une TVA communautaire aux frontières, qui renchérirait le coût des produits importés, et permettrait ainsi de financer une partie des retraites et des dépenses sociales qui nous pénalisent par rapport à des concurrents comme la Chine qui n’ont pas ces charges. Les Anglais n’en veulent pas ? Eh bien on se passera d’eux , comme le permet dorénavant le traité de Lisbonne. « In or out », comme le dit Noëlle Lenoir dans Challenge, les Anglais doivent choisir.

 

Merci de faire vivre ce forum en y déposant vos commentaires.

 

 

On lira avec intérêt l'article reproduit d'El Pais dans Courrier International de la semaine dernière sur "les zombies qui gouvernent l'Europe". Pas très orptimiste, mais réaliste, hélas...

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J
<br /> C'est sans doute avec une certaine nostalgie que tu publies la dernière livraison de ce blog. Il est vrai que tu as pu considérer que le retour sur invest. était trop faible ! Je te comprends mais<br /> l'aventure valait la peine d'être tentée.<br /> Avec mes amitiés ,<br /> Jean-marc<br /> <br /> <br />
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