Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

Publicité

Crise grecque ou crise de l'Europe ?

 

Cette crise grecque ressemble de plus en plus à une crise de l’Europe. Quelle cacophonie ! Quel spectacle lamentable ! Entre les spéculateurs qui soufflent sur le feu, les Allemands qui ne voient que leur intérêt à court terme – les élections prochaines – notre Président qui s’affaire et veut jouer les utilités pour redorer son blason, les Grecs qui ne veulent pas entendre parler d’austérité et manifestent  à tout va, les Portugais et les Espagnols qui sont au bord du gouffre, et les pays du Nord de l’Europe qui ont inventé un horrible acronyme – PIGS – pour désigner les membres de l’Union qui pourraient ne plus pouvoir faire face à leur dette, l’Europe connaît une crise sans précédent.

Et pourtant, cette crise était prévisible ! Quand on ne parle plus d’Europe, mais de marchandages de boutiquiers, quand chaque pays membre ne s’occupe que de ce que l’Europe va pouvoir lui rapporter – « I want my money back », disait Margaret Thatcher, et elle a fait des émules! – quand il n’y a plus aucun projet commun, aucun idéal de solidarité entre les peuples, il ne faut pas s’étonner d’en arriver là où nous en sommes.

L’Europe des nations, maintenant c’est clair, cela peut marcher en période d'euphorie économique. mais en période de crise, cela ne marche pas. Tout simplement parce que l’Europe a été construite sur un socle communautaire qui implique une solidarité entre les peuples, des politiques convergentes en matière économique, fiscale, des instances qui ont un réel pouvoir pour décider, éventuellement contre l’intérêt particulier de tel ou tel pays membre, parce que l’intérêt commun l’impose et que tout le monde en bénéficiera en fin de compte comme on l'a vu avec la PAC. Lorsque chacun veut jouer sa partition de son côté, sans s’occuper de ce que le voisin décidera, ou sans voir les répercussions que cela aura sur les autres pays, on n’est plus dans un processus de construction, mais de destruction. L’exemple de la crise grecque en est une démonstration flagrante. On pourra trouver des emplâtres provisoires : il y a de bonnes chances pour que la Grèce finisse par s’en sortir et qu’on évite le fiasco que serait un effondrement de l’économie espagnole, à condition qu'on évite la contagion des explosions sociales. Mais l’Europe, du moins celle qu’avaient rêvée Jean Monnet, Robert Schuman et les autres fondateurs, c'est-à-dire une Europe unie face aux problèmes redoutables de la mondialisation, une Europe fondée sur des valeurs de solidarité et de respect de la personne humaine, cette Europe-là, qui nous a assuré un développement sans pareil dans les années 60 à 90, cette Europe qui était un modèle pour bien d’autres peuples, risque fort de ne pas s’en remettre.

Sauver la Grèce – son endettement représente 1,3% du PIB européen – ne pose pas de vrai problème. Redonner un élan à la construction européenne sera une autre paire de manches. Et si David Cameron l’emporte jeudi en Grande-Bretagne, il y a fort à parier que l’on pourra dire adieu à ce beau rêve. Nous serons devenus pour longtemps les valets des BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine). Il ne sera plus temps de se désoler et de pleurer sur notre souveraineté perdue : la vraie, celle qui fait qu’un peuple peut décider de son destin. Le nôtre passe par une Europe unie et forte. Qui peut encore en douter ?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
<br /> Une fois de plus, je persiste à penser que cette crise est en train de construire l'Europe et à la situer par rapport au reste du monde. Le temps de réponse pour "sauver" la Grèce, répond sans<br /> doute à des considérations politiques locale en Allemagne en particulier, mais elle est surtout de nature à faire baisser l'Euro par rapport aux monnaies asiatiques et au Dollar. C'est notre<br /> intérêt, c'est celui de nos enfants pour qu'ils trouvent du tarvail auprès de chez nous que ne pas laisser l'Euro à des niveaux si haut. C'est notre intérêt de rester concurentiel et de pouvoir<br /> privilégier les fabrications européennes (même si elles viennent des pays "low cost" Européens). La baise de l'Euro a un effet semblable à l'instauration d'une taxe à l'entrée des marchandises dans<br /> la communauté Européenne. Mais cette taxe, qui serait saine, est impossible à mettre en place politiquement. Nos politiques choississent donc la seule voie qui leur est accessible...<br /> La contrepartie de se "laisser filer l'Euro" est pour nous un renchérissement de l'essence et du fuel (ce qui fait rentrer de l'argent dans les caisses de l'état) et pour les Grecs , une grave<br /> crise économique qui va les obliger à mieux collecter leur TVA, à réduire les favoritismes et l'hypertrophie des services de l'état, ils vont en soufrir, c'est sûr. Et c'est là la limite de<br /> l'opération: comment faire baisser l'euro sans déclencher une crise de confiance des peuples qui ferait tache d'huile à partir de la Grèce et de certains pays qui pourrait être touchés... ?<br /> <br /> <br />
Répondre
T
<br /> Très cher Claude, je comprends vos inquiétudes quant à la situation actuelle de l’Europe. D’une certaine manière, elles rejoignent les miennes d’une façon générale. Nous ne pouvons une fois encore<br /> faire l’économie de la critique criante et pourtant rarement prise au sérieux d’une société qui de fait, et désormais par essence même, ne se voue qu’au court terme.<br /> Cela se retrouve à tous les niveaux et en premier lieu dans le monde de l’argent. Qu’ils soient privés ou publiques, nous sommes tous attachés à nos capitaux quelle qu’en soit la taille et eux<br /> mêmes sont directement tributaires des exigences contemporaines mondiales, soit une soumission totale à la dictature financière du court terme. On peut appeler ça comme on veut mais il nous faut<br /> reconnaître et estimer rigoureusement et une bonne fois pour toutes cet emballement de l’histoire en espérant de toutes nos forces que ce ne soit pas la fin.<br /> <br /> La question principale que pose cette situation ou plus généralement notre époque serait plutôt de savoir s’il est véritablement envisageable d’imaginer ne serait-ce qu’un instant un responsable<br /> d’état de haut niveau capable de s’affranchir de cet emballement, de cette vitesse au péril de sa survie politique. Qui écouterait sérieusement un Schuman ou un Monet s’ils devaient réapparaître ?.<br /> La pureté de leur idéal serait balayée d’un revers de main par ne serait-ce que les lobbyistes qui tiennent une bonne part des décisions européennes et pour lesquels la solidarité des membres de<br /> l’Europe n’est pas toujours rentable pour leurs affaires. Quel dirigeant voudrait sérieusement s’embarrasser à d’autres fins qu’esthétiques des idées de Monet ou Schuman aujourd’hui ?<br /> S’il faut se battre - et il faut se battre, c’est chaque jour, où que nous soyons à réveiller les âmes et les consciences et combattre, n’ayons pas peur des mots, les forces du mal où elles se<br /> trouvent, notamment dans tout ce qui entrave la nécessaire largeur de la réflexion pour la cause commune.<br /> <br /> Ma crainte est que la cause européenne soit rangée comme l’aura été par exemple la conférence de Copenhague malgré la légitimité de ses revendications au-delà des « rumeurs de rumeurs » sur le<br /> GIEC.<br /> <br /> Je suis complètement d’accord sur le risque que nous prenons à laisser l’Europe se désintégrer petit à petit face aux loups de la mondialisation qui n’attendent que notre échec, et pour ma part, et<br /> de façon viscérale je dois l’avouer, je ne peux m’empêcher de sentir, plus que de voir, la forêt que cache l’arbre qu’est le traitement actuel de la faillite grecque.<br /> Cette forêt est pour moi un cri permanent qui m’altère au plus profond de mon être car je la retrouve à tous les niveaux de la société. Nous parlons aujourd’hui de l’Europe avant toutes choses,<br /> mais qu’attendons nous de nos enfants ? Comment imaginer que la génération grandissante sera habitée par les visions de Monet ou Schuman ? Cette génération qui n’est pas née dans la résonance des<br /> souffrances de la guerre mais dans le piège de la facilité va t-elle vraiment poursuivre et nourrir l’idée européenne ? A l’inverse, pourrait-on imaginer un Sarkozy ou une Royal candidats en 1969 ?<br /> Le monde a bien changé depuis…<br /> <br /> Bref tout cela est bien douloureux pour les personnes concernées que nous sommes. Nous allons certainement bricoler quelque chose avant le prochain dysfonctionnement. Je crains que l’idée de créer<br /> deux monnaies au sein de l’Europe soit surtout une source de division supplémentaire très nuisible pour l’Europe politique. Bricolons tant que nous avons encore le temps de bricoler mais n’oublions<br /> pas que nous sommes à bout de souffle. S’il s’agit de croître encore, dans quel domaine et pour combien de temps ? Et si l’idée européenne nous amenait par ses valeurs à vivre plus sobrement en<br /> terme de consommation? Pouvons-nous vraiment faire l’économie de ces questions aujourd’hui?<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Le constat est donc qu'aujourd'hui c'est l'euro qui fait vasciller l'Europe !<br /> <br /> L'adoption d'une monnaie commune était un pari (une utopie!), dans la mesure où elle ne s'est pas accompagnée de la mise en place de politiques économiques cohérentes dans les pays de l'euroland;<br /> on s'est contenté de ratios sur la dette publique que la plupart des pays se sont dépéchés de remettre en question et de ne pas respecter, ...sans autre conséquence qu'un rappel à l'ordre !<br /> Cette crise de l'euro était donc prévisible et elle sera durable !<br /> Le sauvetage de la Gréce, s'il réussit, ne sera qu'une solution à court terme de cette crise de l'euro .<br /> Pourra-t-on alors renouveler ce genre d' expédient au fur et à mesure des défaillances de l'un ou l'autre des pays ? Probablement non.<br /> <br /> Alors, faut-il abandonner l'euro ? Est-ce que l'Europe peut continuer à se construire sans l'euro ?<br /> Certains économistes ont proposé une solution innovante qui mérite, me semble-t-il d'être étudiée, qui consisterait à avoir 2 euros.<br /> Faisant la constatation que des pays qui privilégient la production et l'exportation ne pourraient continuer à avoir la même monnaie que ceux qui favorisent la consommation et les déficits, ils<br /> suggérent de créer temporairement 2 euros, un euro pour les premiers que certains appellent l'Europe de la bière et un euro pour les seconds, l'Europe du vin !<br /> Il semble que cette solution serait techniquement assez facile à mettre en oeuvre!<br /> C'est bien sur une solution qui n'est pas très glorieuse , humiliante pour certains, mais qui les met en face de leurs responsabilités et devrait les inciter à faire des efforts pour changer de<br /> catégorie !<br /> <br /> Cette solution temporaire n'empécherait pas de continuer à construire l'Europe dans les domaines de la politique étrangère, de la défense, etc.. et donnerait le temps de mettre en place une<br /> régulation efficace des politiques financières, économiques et fiscales<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Pas d'accord Claude sur ta vue idéalisée d'un fonctionnement sans accroc ni compromis! les discussions laborieuses et interminables qui se terminent par des compromis imparfaits sont la condition<br /> de base pour que l'objectif supérieur voulu par les Pères fondateurs de l'Europe unie soit préservé et ce n'est pas un mince succès de constater que l'Europe est en paix depuis plus de 50 ans,<br /> prouesse qu'elle n'avait jamais connue de toute son histoire (si l'on veut bien accepter que la Serbie n'en faisait pas partie);<br /> En conclusion l'accumulation de motifs de désespérance à chaque occasion doit faire place à la recherche systématique de voies de moyen terme pour surmonter les inévitables, voire légitimes<br /> oppositions initiales d'intérêts.<br /> A propos de la crise actuelle on pourrait la rapprocher de celle qui a suivi le traité de Paris après la 1ère guerre mondiale où la politique financière de déflation de Laval, l'écrasement par<br /> Clémenceau de la moindre concession à l'Allemagne, l'exacerbation des nationalismes pour surmonter les mécontentements ont conduit à des dictatures qui par essence sont bâties sur des<br /> intransigeances en politique. On sait comment cela s'est terminé! donc j'estime que les atermoiements européens sont le signe d'une recherche constante de solutions acceptables quoique imparfaites<br /> et que les mécanismes européens et en particulier l'obligation du consensus sont louables.<br /> <br /> <br />
Répondre