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Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

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Le jeu du Président tchèque et des Britanniques


Maintenant que le Président polonais a apposé sa signature sur l’acte de ratification du traité de Lisbonne, cette ratification complète n’attend plus que la signature du président tchèque Vaclav Klaus. Qui a annoncé clairement qu’il refuserait de signer jusqu’aux élections britanniques prévues en juin prochain. La cause est entre les mains de la Cour constitutionnelle tchèque, qui a été saisie par le Président, en espérant qu’elle déclarerait la ratification inconstitutionnelle. Que le parlement tchèque ait donné son accord à la ratification ne compte pas pour le président Klaus. - Ne nous scandalisons pas trop vite : nous avons aussi en France des lois qui ne sont jamais ratifiées parce qu’elles déplaisent au Prince-Président.

 

Que se cache-t-il derrière cette position de Vaclav Klaus ? Il est clair qu’il est franchement hostile à toute forme de supranationalité dans l’Union ,dans laquelle il ne veut voir qu’un marché commun. Se pourrait-il que sa position cache en fait une volonté d’obtenir des avantages et des concessions de dernière minute ? On a vu quecette manœuvre peut être payante avec la Pologne, dont le Président Lech Kaczynski a obtenu des avantages notables, en particulier dans le domaine agricole, quand il s’est agi d’avoir l’accord de son pays pour soumettre le traité de Lisbonne à ratification. Mais le président Kaczynski avait dit qu’il ratifierait si l’Irlande se prononçait pour le OUI au référendum de 2 octobre dernier. Il a donc signé.

Que pourrait demander Vaclav Klaus ?

Comme l’Irlande, il pourrait exiger que la République tchèque dispose d’un commissaire permanent, ou de fonds de développement accrus, ou tout autre avantage comme savent si bien le négocier les nouveaux arrivés. Si c’était cela, on pourrait probablement céder à son chantage de dernière minute pour enfin sortir l’Europe du guêpier constitutionnel dans lequel elle est engluée depuis non pas le rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas, mais depuis l’élargissement de l’Union à 25 puis 27, qui a totalement bloqué le fonctionnement de l’Union tel qu’il avait été défini par le traité de Nice. Mais le problème est que Vaclav Klaus a saisi la Cour constitutionnelle. Si elle décide que le traité de Lisbonne est conforme à la Constitution, il n’aura qu’à s’incliner. Mais si elle décide que le traité est contraire à la Constitution, on se retrouvera dans une situation totalement bloquée. Car il n’y aura plus de marchandages possibles.

 

Que se passera-t-il alors si la République tchèque n’a toujours pas signé en juin 2010, quand auront lieu les élections britanniques ? C’est David Cameron, le grand favori pour ces élections, qui risque d’être sérieusement ennuyé : car il a annoncé que si le traité n’a toujours pas été complètement ratifié par les 27 lorsqu’il arrivera à Downing Street, il reviendra sur la ratification votée par le Parlement britannique et il demandera aux électeurs de se prononcer par référendum. Il est curieux que le parti Tory ait pris un tel risque en reprenant à son compte une promesse du Labour qui n’a pas été tenue. Pourquoi diable se mettre dans cette situation d’être le fossoyeur du traité de Lisbonne – et donc de tout projet d’Europe politique ? Cameron veut-il donner des leçons de démocratie à Gordon Brown ? C’est un jeu bien dangereux : le référendum n’est absolument pas dans la tradition démocratique britannique (ils ne sont pas fous, ces Anglais !), et le résultat risque d’être un exutoire pour toutes les rancoeurs accumulées contre l’Europe par les Britanniques depuis Maggie Thatcher. Et c’est créer un bien dangereux précédent : ainsi, toute loi votée par le Parlement pourrait être invalidée par un référendum ultérieur. C’est d’autant plus dangereux que la Constitution (non écrite) britannique ne connaît pas le référendum, et qu’il n’y a donc aucune règle pour l’encadrer.

 

L’Europe n’est pas encore sortie de l’auberge. Et la soupe du traité de Lisbonne commence sérieusement à refroidir.

Voilà où on en arrive à vouloir à tout prix maintenir la souveraineté des États. C'est à dire la porte ouverte à tous les marchandages sordides et les arrières-pensées de politique nationale qui empoisonnent l'Europe .

Pendant ce temps, la Chine nous envahit de ses produits manufacturés, et a commencé à prendre le contrôle de nos industries - ou ce qu'il en reste. Le dollar baisse et menace de nous étouffer sous le poids de la dette américaine. Les pays du Golfe font monter ou descendre le cours des titres de nos sociétés comme ils veulent.

Mais notre souveraineté nationale sera sauve ... sur le papier...

Cocoricoooo !!! L'important n'est-il pas que la France soit qualifiée pour la Coupe du monde?

God save Europe!

 

PS- Après avoir posté ce billet, j'ai reçu un mail me demandant de signer une pétition pour soutenir Vaclav KLAUS !!!

je n'ai bien sûr rien signé! J'ai même lancé une pétition à Vaclav Klaus pour lui demander de signer!

Si vous voulez la soutenir, je vous y engage vivement:

http://www.petitiononline.com/OKLisbon/petition.html


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