Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

Publicité

La crise révèle l'incapacité de l'Europe des Nations...

Les propagandistes de l’Europe des Nations partent du principe qu’un accord négocié entre les différents États-membres vaut toujours mieux qu’une décision prise par un organisme communautaire. La discussion permet, selon eux, d’harmoniser les positions de chacun, de prendre en compte les objections que tel ou tel peut faire valoir, de tenir compte des situations particulières de certains États membres, et de se donner le temps de la réflexion.

On peut en effet penser que beaucoup de décisions récentes ont été prises dans l’urgence, et sans se donner les moyens d’analyser posément la situation, et qu’une prise de décision concertée vaut mieux qu’une décision imposée.

Mais avons-nous le choix en ce qui concerne la défense de l’Euro et des finances de l’Union ? Un accord a été trouvé – dans la douleur – le 21 juillet. Il devra être ratifié par les parlements des 17 Etats à partir du 1er septembre - notre parlement n’en débattra que le 6 septembre - et on peut estimer qu’il n’entrera en vigueur au mieux que vers la fin octobre ! Trois mois se seront alors écoulés depuis le 21 juillet !!! Autant dire une éternité à l’heure des bourses informatisées et des marchés presse-bouton. C’est comme si pour prévenir une menace d’attentat imminent, il fallait réunir dix-sept commissions, prendre l’avis des chambres, ou faire un référendum…

Le mode de fonctionnement de nos démocraties n’est plus compatible avec l’informatisation des marchés, et avec la mondialisation en général. On peut le regretter, mais c’est ainsi. On ne peut pas combattre les réactions des marchés et la spéculation avec des moyens totalement inadaptés. Dimanche 7 août, dans une déclaration commune, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont souhaité que les parlementaires français et allemands autorisent ces mesures "avant fin septembre" !!! 2012 ??? *

L’Euro n’est pas tant victime de la spéculation internationale ou des agences de notation que de cette incapacité des autorités financières européennes (BCE) à prendre en temps voulu les mesures qui s’imposent et à les faire appliquer immédiatement. Les agences de notation ne font que révéler la gravité de la situation d’endettement des États et tirer la sonnette d’alarme. Et les marchés ne sont pas longs à en tirer les conséquences !

Alors pouvons-nous continuer à laisser les marchés faire la pluie et le mauvais temps sur les bourses européennes et à mettre en péril notre monnaie et la stabilité financière – mais aussi économique et sociale comme le montrent les révoltes en Grèce, en Espagne ou en Grande-Bretagne – des pays européens ? Pouvons-nous continuer à laisser la Chine ricaner sur la gouvernance des pays occidentaux et à tirer les ficelles en coulisse ? Où est la sacro-sainte souveraineté chère à MM. Dupont-Aignan et consorts ? Comment ne pas voir que nous sommes dans un monde globalisé où l’information et les décisions vont à la vitesse de la lumière par l’Internet, et que nos institutions, fondées sur des principes multiséculaires tels que la souveraineté des États et le débat parlementaire – sont devenues totalement inadaptées ? Lorsque Standard and Poor’s a dégradé le AAA des USA, la FED a immédiatement réagi, sans demander l’avis du Texas ou de la Californie. En Europe, M. Trichet peut bien dire ce qu’il veut, personne n’y prête vraiment attention, parce que tout le monde sait que le pouvoir de la BCE est quasi-inexistant et que c’est à Berlin que tout se décide – ou ne se décide pas...

 

Comment en est-on arrivé là ? Il faut remonter aux causes premières : le rejet par la France et les Pays-Bas du traité constitutionnel en 2006, et la pétaudière institutionnelle qui s’en est suivie, et dans laquelle nous sommes encore, ont profondément affaibli l’Europe et la France en particulier. Aujourd’hui, si Mme Merkel – et surtout son entourage – tiennent notre avenir entre leurs mains, c’est parce qu’il n’y a aucune institution supra-nationale pour contrebalancer le pouvoir de la Deutsche Bank. Nous n’aurons de budget européen, d’Eurobonds, de politique financière commune, toutes choses indispensables pour sauver l’Euro et nos pays de la faillite, que si l’Allemagne le veut bien. Il ne nous reste plus qu’à mettre un cierge à St Robert Schuman pour que nos pleurs soient entendus et nos vœux exaucés. Merci à M. Fabius et à tous ceux qui – soi-disant au nom de l’Europe ! – ont œuvré, par la promotion du NON, à l’abaissement de la France, à la dislocation de l’esprit européen, à la montée d’un nationalisme étroit  et du chacun pour soi, à l’aveuglement égoïste et court-termiste dont nous constatons chaque jour un peu plus les ravages, et ont ainsi contribué à faire de notre belle Europe un champ de ruines…

Mais, direz-vous, le projet de traité constitutionnel ne prévoyait pas de gouvernance économique commune ! C’est vrai, mais il créait une dynamique fédérale qui aurait rééquilibré l’Europe et naturellement débouché sur la création d’un budget européen, d’institutions financières communes et de moyens accrus pour la BCE.

Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que mon enthousiasme pro-européen m’aveugle une fois de plus ? Alors allez voir ce que dit Jacques Attali sur le site slate.fr :

 

http://www.slate.fr/story/42211/tous-ruin%C3%A9s-dix-mois-attali

 

* En raison de l’urgence, il y aura finalement une nouvelle réunion mardi 16. Si c’est possible maintenant, pourquoi ne pas l’avoir prévue tout de suite ???

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article