Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante
Ainsi, pour sa première visite en Europe, François a choisi de venir devant le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. En tant que chrétien et européen militant, je m’en réjouis profondément.
On peut imaginer les raisons qui ont déterminé ce choix. Pour ma part, j’y vois surtout la volonté du Pape François d’affirmer contre tous les souverainismes, égoïsmes nationaux et replis identitaires, que le projet européen, fondé sur la réconciliation des peuples, la mise en commun de leurs atouts mais aussi leur solidarité dans leurs faiblesses, leur idéal au service de la conception chrétienne de l’Homme, reste un exemple unique de tentative de créer un type nouveau de relations internationales fondé sur le respect mutuel, la solidarité, la coopération, les valeurs humanistes au service du développement durable et respectueux de l’environnement, et de la paix.
Je doute que François indique quel type de régime institutionnel – fédération, confédération, regroupements d’Etats-nations indépendants – a sa préférence. Je pense qu’il voudra seulement prolonger le discours de Lampedusa et redire que le projet d’une Europe unie, ayant définitivement banni la guerre, la volonté de domination, et au service du développement et de la solidarité envers les plus démunis – notamment les réfugiés qui fuient la pauvreté et l’oppression – est totalement dans la ligne de l’Evangile. Même si la notion de « racines chrétiennes » n’est pas explicitement mentionnée. Que des chrétiens aient pu, au nom d’une idéologie qui relève plus de celle de l’Action française que de l’Evangile, voter pour des europhobes qui n’ont de cesse de détruire ce qui a été patiemment construit dans l’effort et parfois la douleur au cours des 60 dernières années et qui reste un exemple unique de réconciliation dans l’histoire de l’humanité, voilà qui reste incompréhensible et révoltant. Il est en revanche rassurant de voir que le flambeau est repris par des hommes et des femmes comme Jean-Claude Juncker, Matteo Renzi, Donald Tusk, Martin Schulz, ou Federika Mogherini, qui sont tous profondément pénétrés des principes inspirés de l’Evangile qui ont conduit la construction européenne depuis sa fondation en 1950.