Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante
Que penser de la nouvelle Commission, dont la composition a fait l’objet de difficiles tractations entre JC Junker et les Etats membres et de savants et subtils dosages ?
Il est bien difficile de se prononcer aujourd’hui, tant les incertitudes sont grandes, et il y a tout lieu de penser que le Parlement demandera à Juncker de revoir sa copie et récusera certains candidats.
On peut s’étonner par exemple que les services financiers reviennent à un Britannique, alors que le Gouvernement Cameron a tout fait pour entraver la naissance de l’Union bancaire. Ou qu’un Hongrois se voit nommé aux droits de la presse, après toutes les provocations de Viktor Orban, le Premier Ministre hongrois. Ou que l’économie numérique soit partagée entre l’Allemand Günther Oettinger, auparavant commissaire à l’énergie, et un Estonien – une gifle pour Merkel, selon Alexander Graf Lambsdorff, vice-président du Parlement européen. Mais la nomination qui aura le plus de mal à passer est celle de Pierre Moscovici aux Affaires économiques. A ce poste, il aura en effet la lourde charge de faire respecter les engagements budgétaires des Etats membres !!! C’est comme si on nommait un cambrioleur pour surveiller une bijouterie ! « Mosco » a bien entendu annoncé qu’il serait là pour faire respecter les engagements de tous, y compris de la France. Mais on peut légitimement avoir quelques doutes !!! Il est vrai que l'on nomme des hackers pour traquer la piraterie dur le net!
Gageons que le scénario final est encore loin d’être écrit. Rendez-vous le 3 octobre, quand le Parlement aura terminé ses auditions qui doivent commencer le 28 septembre. Il va y avoir du sport !
Pour un avis éclairé sur cette nouvelle Commission et sa composition : voir l’avis de http://www.challenges.fr/economie/20140910.CHA7500/juncker-pilotera-une-commission-europeenne-plus-liberale-et-plus-politique.html
et celui de Fabien Chevalier, président du « Think Tank » Sauvons l’Europe :
On peut également noter que la France n’a aucune vice-présidence – une nouveauté créée par JC Juncker pour renforcer la cohérence de la Commission et éviter les jeux perso qui ont caractérisé la Commission Barroso. Il faut y voir un nouvel affaiblissement de l’influence française au sein des institutions de l’Union, directement lié, à n’en pas douter, au vote massif en faveur d’europhobes par les électeurs français en mai dernier. Tous ces vice-présidents sont d’ailleurs tous issus – Pologne exceptée - de pays qui ont voté massivement en faveur d’eurodéputés convaincus.