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Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

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L’Europe est-elle en train de mourir ?

Je me décide à reprendre la plume et à rouvrir – momentanément – mon blog : le moment est en effet grave, et mon optimisme naturel en prend un vieux coup : je pense en effet que l’Europe Unie est en train de mourir. Je ne voulais pas jusqu’à présent me l’avouer, croire que nous passions par une phase de désenchantement, une de ces crises qu’a traversées l’Europe à plusieurs reprises, mais dont elle s’était toujours, jusqu’à présent, remise tant bien que mal.

Mais cette fois, je pense qu’on ne peut plus voir les choses avec le regard de Pangloss. Il faut bien se rendre à l’évidence : la crise a tué l’Europe.

« Rien de bien surprenant », diront ceux qui n’y ont jamais cru, qui ont toujours pensé, à la suite de de Gaulle, qu’il s’agissait d’une chimère, et que les nationalismes reprendraient un jour le dessus.

« Rien d’étonnant », diront les « réalistes », ceux qui pensent que les utopies ne parviennent jamais à surmonter les contraintes de la géopolitique et les pesanteurs de l’histoire.

« Rien de bien grave », diront ceux qui pensent et clament que les « technocrates » de Bruxelles et les « pantins » de Strasbourg n’ont jamais rien fait d’autre que de monter des usines à gaz pour dilapider les finances des pays membres dans des projets mal ficelés et mal contrôlés, et de concocter des directives inutiles seulement propres à faire disparaître nos chers fromages.

« Rien que de très réjouissant », diront enfin ceux qui attendent cela depuis cinquante ans, les nostalgiques des affrontements entre puissances et des rivalités impériales, dont Eric Zemmour vient de nous donner un superbe et lamentable exemple avec son dernier ouvrage « Mélancolie française »...

 

Pourquoi ce nouveau pessimisme de ma part ? Est-ce un soudain sursaut de lucidité devant une situation qui dure depuis de longues années ? Ou une brusque prise de conscience de l’inanité de ma croisade pro-européenne devant les vers qui la minent de moins en moins insidieusement? Je crois bien les deux à la fois. Il faut se rendre à l’évidence : à part quelques nostalgiques comme moi, qui ont grandi dans l’idée que l’Europe unie permettrait enfin à ce continent-martyr de sortir de la logique de guerre qui l’a ruiné en un siècle, la construction d’une Europe unie n’intéresse plus grand monde.

"L'Occident est en train de mourir doucement, et la Chine mais aussi l'Inde et le Brésil seront la nouvelle zone d'influence tôt ou tard. Car l'Occident semble incapable de se sortir du merdier dans lequel il s'est enlisé. Seule l'Allemagne a compris et il y a déjà 10 ans qu'elle a changé sa politique, ce qui lui permet d'être le seul pays performant européen, pas trop endetté et avec une croissance convenable. Mais elle ne peut tirer seule tous les pays d'Europe et c'est peut-être elle qui sortira la première de l'euro, laissant les autres à leurs misères. Les pays nordiques ont eu raison de rester en dehors et de nouer des accords. L'Europe a raté le train ! Seule une véritable union, par la création des Etats-Unis d'Europe aurait pu être viable, mais personne ne veut céder un pouce de sa nation, de son pouvoir, les égoïsmes sont beaucoup trop importants. La France en tête de peloton ! »

Voici ce qu’écrit un anonyme inspiré dans une tribune d’éco-finances à laquelle je suis abonné. Quel triste constat ! Quelle lucidité !

La crise actuelle dépasse tout ce qu’on a pu connaître dans le passé, car elle touche à tous les aspects de la construction européenne :

 

1-     L’Euro

Qui défend l’Euro aujourd’hui ? Quelques économistes qui anticipent avec terreur le moment où l’aveuglement politique, la surenchère populiste, le suivisme médiatico-politique, pour tout dire la bêtise triomphante, auront tué le plus beau rêve qu’aura connu l’Europe depuis cinquante ans. Pour le reste, la plupart des citoyens s’en moquent, et beaucoup sont persuadés que la mort de l’Euro n’aura pas d’incidence sur leur niveau de vie. Surtout, personne n’est prêt à consentir les sacrifices nécessaires pour sauver la monnaie commune et, avec elle, les économies des pays membres. L’union monétaire, mal préparée du fait du refus du plan Delors qui prévoyait une harmonisation des politiques économiques et budgétaires, et surtout mal dirigée par une BCE obnubilée par le seul taux d’inflation, et dépourvue de moyens véritables, a révélé les égoïsmes nationaux : refus de l’Allemagne de financer les « PIGS » qui ont eu un comportement irresponsable, refus de renégocier la dette de la Grèce, imposition aux pays en difficulté d’une austérité qui va mettre leur économie par terre et dresser toute leur population contre l’Europe. On se retrouve donc avec un effet diamétralement opposé à ce qui était le but premier de l’Euro : renforcer les liens entre pays membres, et créer entre eux une solidarité financière plus forte que le seul « serpent européen ».

 

2-     Un autre rêve européen est en train de mourir aujourd’hui : la libre circulation des personnes dans l’espace Schengen. Là encore, les barrières ressurgissent. Les peurs se renforcent l’une l’autre. Chacun prétend se sauver tout seul et contrer avec des contrôles policiers nationaux une immigration qui ne peut être régulée qu’au seul niveau européen. En oubliant que les accords de Schengen offrent toute une panoplie de mesures pour répondre à ces problèmes. Pendant que Berlusconi et Sarkozy s’invectivent et préparent une remise en cause de Schengen, les pays du Nord de l’Europe viennent de s’entendre discrètement sur un accord qui ressuscite... la « directive Bolkenstein » honnie ! Eh oui, eux le « plombier polonais », ils en veulent bien ; ils le préfèrent à l’immigré africain qu’il faudra « intégrer ». Et pendant ce temps, M. Barroso « se tait en cinq langues » comme l’a ironisé D. Cohn-Bendit...

 

3-     Le nucléaire. La panique s’est emparée de Mme Merkel devant la perte du land de Bade-Wurtemberg. Elle est devenue verte de peur et tout est bon pour se parer de chlorophylle. L’Italie suit. C’est à qui se montrera le plus antinucléaire, sans aucun souci de coordination des politiques énergétiques. Est-ce que les pays européens peuvent régler seuls la grave question de l’avenir énergétique ? Bien évidemment non. Mais on continue de faire comme si. Et on se donne bonne conscience en bâclant un « plan de coordination de sûreté nucléaire »...

 

4-     La politique extérieure. Cela n’a jamais été le fort de l’Europe, et ce n’est pas Mme Ashton qui va faire changer les choses. Mais avec l’affaire libyenne, on atteint du jamais vu, même au temps de la guerre en Irak. Nicolas Sarkozy décide, tranche sans prendre aucun avis auprès de nos partenaires européens, et les Allemands, de plus en plus agacés, n’ont plus comme choix que de prendre le contre-pied de la France...

 

Finalement, c’est le Financial Times cité par Challenges dans son numéro du 20 avril, qui pose le diagnostic le plus convaincant : l’Europe est en train de mourir de la nullité de ses dirigeants : « Si M. Sarkozy était moins lunatique (en anglais, lunatic = dérangé mental), Mme Merkel moins sujette aux crises de panique, et M. Berlusconi moins bouffon, l’Europe serait certainement moins handicapée. » On peut ajouter que depuis la disparition ou le retrait des Giscard, Mitterrand, Kohl, Prodi, Delors, plus personne ne porte l’idéal de la construction européenne. L’Europe est devenue un champ de foire où chacun cherche à remporter le jambon en haut du mât de l’égoïsme et du chacun pour soi. Bruxelles n’est plus qu’un champ de course de sac où chacun s’affronte sans aucune vergogne ni aucune retenue pour tirer à lui la couverture des fonds européens, faire parler de lui, jouer son petit jeu, quitte à en changer le lendemain si les circonstances s’y prêtent. Tous les coups sont permis, et que le plus mauvais gagne !

 

Telle est « l’Europe des nations ». Minée par les indépendantismes régionaux, les populismes de tout poil, l’aveuglement des dirigeants, leur court-termisme suicidaire, la course au scoop, la désintégration des grands partis qui ont fait l’Europe - les partis démocrates-chrétiens d’une part, socialistes de l’autre - l’Europe court de moins en moins doucement à sa perte, à sa désagrégation.

Et pendant ce temps, qu’est-ce qui passionne la classe politico-médiatique française : savoir qui sera candidat au PS pour 2012, ou si Nicolas Sarkozy pourra encore gagner... ! Cela rappelle furieusement la situation des cités grecques, ruinées par deux siècles d’affrontements stériles quand l’Empire romain était à leurs portes, ou les rivalités de pouvoir à Byzance quand les Turcs assiégeaient ses murs. Aujourd’hui, la Chine, la Russie et les pays producteurs de gaz et de pétrole nous dictent leurs conditions, le Brésil et l’Inde ne vont pas tarder à en faire autant, mais ce qui compte, c’est de deviner qui sera roi l’an prochain dans ce petit pays oublié qu’on appelle la France...

 

Qui me remontera le moral ?

 

 

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F
<br /> Non Claude je ne suis pas d'accord avec ton catastrophisme permanent sur la construction européenne: depuis la première heure de sa gestation cet édifice a été constamment d'abord ignoré puis<br /> raillé puis combattu puis attaqué via toutes sortes de déclarations et manoeuvres...<br /> Tu vois l'Europe communautaire constamment à cet extrêmité de bord du gouffre dont tu voudrais qu'elle réchappe en demandant à tel ou tel pays suivant le cas l'immolation de ses intérêts majeurs ou<br /> bien la rupture et le divorce avec tous les autres partenaires.<br /> Ce qui m'intéresse c'est justement, non pas ce cri permanent "ça va exploser", mais l'approfondissement sur chaque facteur de crise d'abord des éléments objectifs qui la sous-tendent ensuite des<br /> voies et des moyens qui permettraient de faire émerger cette issue raisonnable inexistante au premier examen.<br /> Quant à te remonter le moral je n'ai aucune inquiétude à cet égard; je ne t'ai jamais vu abattu donc n'essaye pas de nous faire peur là aussi.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Non, ne pas jeter le bébé...Il y a toujours des bas et des hauts dans la naissance des nations: l'Europe en est une. On est toujours trop pressé de nos jours. La France d'aujourd'hui a mis combien<br /> de décennies (ou de siècles). Les petitesses des hommes - dirigeants et dirigés - leurs courtes vues sont de toujours, quand on regarde en arrière dans notre histoire. Courage et continue<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Je ne suis pas aussi pessimiste. Je pense que nous allons vers une Europe des régions et que les états auront tendance à s'effacer . Je vais prendre une exemple concret:<br /> Le problème de l'environnement en Bretagne n'intéresse pas vraiment le marseillais ni l'alsacien et encore moins l'européen moyen. Il s'agit d'une equation locale :continuer à faire de l'épandage<br /> sur les champs et soutenir à bout de bras une agriculture ou alors proteger son environnement. La cote nord de la bretagne est pourrie par les algues vertes qui envahissent maintenant le sud de la<br /> Bretagne. Il y aurait pourtant des decisions sages et techniques à prendre : les elus locaux ne peuvent pas les prendre , je ne vois pas comment un fonctionnaire de Bruxelles pourrait les<br /> prendre...<br /> Extension du port du légué qui est une héresie ... mérite de creuser ce dossier pour voir comment l'argent a été dilapidé... alors que les ports français sont desepérement vides. Marseille passe à<br /> la sixième place etc... par une main mise CGTiste sur l'administration des ports français. Les Marseillais et les corses devront assurer les conséquences de leur corruption comme les grecs.<br /> <br /> Les locaux ne comprennent pas non plus pourquoi des investissements en Roumanie sont subventionnés à hauteur de 75% par l'Europe et voient ainsi partir leurs emplois..<br /> <br /> La Belgique est malheureusement un laboratoire pour l'Europe ou deux communautés s'affrontent : les wallons assistés depuis deux générations et les flamands mieux organisés. Difficile de les faire<br /> cohabiter. Idem en Allemagne ou les Landers du Sud ne veulent plus payer pour Berlin.( la danseuse du Reich!).<br /> L'absence de ouvernement ne les empeche pas de developper leur economie : voir recente opa de Solvay sur Rhodia...<br /> <br /> <br /> En Italie , à Bergame pour avoir le droit de construire un hopital de 30 Millions d'euros, il faut doubler la mise pour construire l'equivalent dans le sud . On peut comprendre que la solidarité à<br /> des limites surtout quand la crise est passée par là.<br /> <br /> Aujourd'hui il y a une crise de confiance dans la politique et l'Europe malheureusement en souffre. Il y a une nouvelle Europe qui va se dessiner avec une zone Euro fort avec un clivage Nord -Sud/<br /> ouest plus marqué.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Assez d'accord avec Durix !<br /> Se lamenter au pied de la croix, certains l'ont fait (certaines aussi), mais il est réssucité que diable !<br /> Commençons par accueillir la poignée d'immigrés qui est à nos portes et qui veulent occuper les emplois dont les français de souche ne veulent pas toujours. ce sont eux qui vont assurer la<br /> croissance et l'avenir de nos vieilles sociétés comme ils l'ont toujours fait partout (sauf dans les dictatures).<br /> Encourageons les peuples du magreb à rechercher une liberté, une autonomie qu'ils envient tant à nous Européens. Aidons-les dans cette crise d'adolescence de société que nous avons peu ou prou<br /> contribué à maintenir dans l'enfance après les décolonisations.<br /> Arrêtons de nous morfondre sur le succès dans les media d'une Marine qui profite de nos peurs et de nos lachetés, et qui se délecte de la stratégie de notre président.<br /> Préparons nous aux prochaines élections en demandant aux candidats de promouvoir l'avenir de l'Europe à un rythme qui sera bien sûr trop lent pour certains mais qui ne serait beaucoup plus rapide<br /> que si la démocratie n'existait plus en Europe...<br /> Parions sur l'Euro qui vient de sauver la Grèce, le Portugal et sans doute l'Espagne d'un retour en arrière qui aurait été combien plus dur si ces pays avaient gardé leur propre monnaie.<br /> Quant au nucléaire, n'est-il pas temps de ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier ? Entre les caricatures extrêmes des pays tout nucléaire comme la France et zéro nuclaire comme<br /> l'Autriche, ne peut-on pas trouver une voie qui prépare un futur où on consommerait moins d'énergie fossile et plus de renouvelable ? Cette voie ne sera pas la même partout en Europe, et même si<br /> c'était la même, elle ne serait pas parcourue à la même vitesse au nord et au sud, au bord de la mer et près de Chernobil, l'important s'est de s'y engager positivement et d'y croire sans passer<br /> son temps à se jeter des anathèmes !<br /> Demandons pour commencer à notre députer-maire de Rueil de renoncer au lobbying anti-éolienne. Les moulins à eau sur chaque ruisseau, les moulins à vent sur chaque coline, tous ont disparu,<br /> acceptons ces grands nouveaux moulins à vent qui brassent sans doute moins d'air que nos politique en mal de "primaires"...<br /> Et soyons réaliste, l'Europe ne se fera pas en quelques années, ni sans concessions. Le chemin qui conduit à plus de solidarité entre les peuples, n'est pas une longue ligne droite, c'est un chemin<br /> où chacun doit progresser, sans oublier de prendre de la hauteur de temps en temps pour vérifier que les louvoiements ne détournent pas complètement du cap...<br /> Et que le muguet, précosse cet année, puisq u'il n'y en aura plus au 1er Mai, te donne espoir Claude !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Il ne s’agit pas ici de te remontrer le moral mais bien de prendre conscience que notre premier problème est justement de perdre le moral !<br /> Je suis las pour ma part de ce pessimisme ambiant si soigneusement entretenu par les média et qui semble de mise, las de ces critiques de nos gouvernants dont nous ne respectons même plus la<br /> fonction, las de ce manque d’énergie qui nous gangrène.<br /> En France comme partout en Europe il y a des potentialités énormes, une richesse culturelle et historique, de l’inventivité pour les uns, de la rigueur ou de la débrouillardise pour d’autres et la<br /> liste de nos atouts est sans fin.<br /> Si au lieu de se lamenter sur ce qui ne va pas nous mettions en œuvre tout ce qui nous vient à l’idée pour que cela aille mieux : des micro actions de solidarité, des actions raisonnées auprès de<br /> nos élus, l’implication dans une politique digne de ce nom, ….Chacun à son niveau peut changer le monde !<br /> Je ne prendrai qu’un exemple : 30% d’entre nous, au pays de Molière, Voltaire et Jules Ferry ont des difficultés à lire et comprendre un texte : aberrant et ce malgré des dizaines de réformes !.<br /> Nos enseignants ne savent que pleurer en revendiquant des moyens et encore des moyens et pourtant je suis prêt à affirmer que le fait d’augmenter ou de diminuer même de cinq heures des dotations<br /> horaires ne changerait strictement rien : les largués le seront encore, les agités seront autant perturbants, les doués (ou les très aidés) s’en sortiront toujours.<br /> Pour moi on pourrait en repensant simplement les objectifs, même avec des moyens réduits, faire beaucoup mieux si l’on n’acceptait pas comme une sorte de fatalité les difficultés scolaires des<br /> enfants !<br /> <br /> Par pitié arrêtons ce gâchis<br /> <br /> <br />
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