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Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

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L'Euro est-il vraiment un échec?

« Il est là l’échec de l’Euro : nous donnons aujourd’hui au monde la vision d’un continent en perdition, ballotté de sommet en sommet, sans avoir jamais pu démontrer le formidable attrait et le grand dessein d’une monnaie commune. »

Cette remarque de Vincent Beaufils dans Challenges du 27 octobre est particulièrement pertinente. L’Euro, contrairement à ce que la crise actuelle pourrait laisser croire, est un succès. Il a rempli la mission que lui avaient assignée ses pères fondateurs : Jacques Delors, François Mitterrand et Helmut Kohl : créer un lien concret, visible et puissant entre les membres de l’Union européenne et renforcer la solidarité entre les pays membres. Car il ne faut pas oublier que l’Euro est avant tout une construction politique.

Certes sa naissance est entachée de tares que l’on découvre aujourd’hui avec la crise : l’absence d’une véritable banque centrale, qui puisse créer de la monnaie en émettant des Eurobonds et en ouvrant des crédits aux pays membres à taux zéro, et d’un minimum de coordination budgétaire.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : la crise de la Zone Euro est avant tout une crise de la dette des pays membres, et non de l’Euro en tant que tel. Le principal reproche que l’on puisse faire à l’Euro, c’est d’avoir permis à des pays endettés de s’endetter plus encore, avec l’impression fallacieuse que les autres pays membres paieraient. Mais si on avait respecté plus strictement les critères de Maastricht, qui limitent à 3% de son PIB le taux de déficit d’un état membre, si on avait été plus regardant avant de laisser entrer dans la zone Euro des pays qui avaient manifestement truqué leur comptabilité nationale et qui avaient un déficit structurel monumental, on n’en serait pas là.

 

Les peuples ne s’y trompent d’ailleurs pas : il n’est pas sûr, si le référendum grec avait eu lieu sur la question  « voulez-vous que la Grèce reste dans la zone Euro ? » que la réponse aurait été négative. Les Grecs savent très bien qu’aujourd’hui une sortie de l’Euro et un retour à la drachme serait catastrophique et conduirait le pays à une crise économique et financière comme peu de pays en ont connu, y compris l’Argentine lors de la décennie passée.

Et un sondage publié par Challenges du 3 novembre vient révéler que les Français, même s’ils restent inquiets sur le sauvetage de l’Euro, sont pour le maintien de la France dans l’Eurozone à 77% !!! Il est frappant de constater que malgré les jérémiades sur l’austérité et les récriminations sur « les technocrates de Bruxelles », les Français restent très attachés à l’Europe. Ils savent au fond d’eux-mêmes qu’il n’y a pas d’avenir pour la France en dehors de l’Europe. Avis aux Marine Le Pen et autres Dupont-Aignan : l’europhobie n’a jamais été un thème porteur en France. Il est d’ailleurs curieux de constater que c’est aujourd’hui que la crise est là que les Français, comme d’autres peuples d’ailleurs, revoient leur position sur l’Europe et la monnaie unique, et réalisent qu’en temps de crise, il vaut mieux être dans un ensemble de 17 pays que tout seul. Les récentes déclarations de Jean-Luc Mélanchon, lors du débat qui a suivi l’interview de Nicolas Sarkozy, sont significatives : l’Europe n’est plus ce monstre froid et pervers qu’il faut abattre, mais seulement un système à réformer. Il se démarque ainsi habilement des Marine et Nicolas, qui sont bien seuls à continuer à prôner une sortie de la France de l’Euro.

Il reste à savoir comment l’Europe va pouvoir se tirer de ce mauvais pas. Rien ne sera réglé tant que les tares congénitales dont je parlais plus haut ne seront pas éradiquées. Et pour cela, il faudrait que les Allemands réalisent que leur obstination à n’admettre aucune évolution du traité de Maastricht et du statut de la BCE les condamne à gonfler sans fin les ressources du Fonds de solidarité et à alimenter la spéculation internationale. En ce sens, la récente déclaration de Mario Draghi, le nouveau président de la BCE, selon lequel il ne faut pas faire jouer à la BCE un rôle qui n’est pas prévu par les traités, n’est pas de bon augure...

Attendons : les contraintes de l’économie le feront changer d’avis, tout comme elles ont déjà fait évoluer la position allemande. Mais Dieu que l’accouchement de l’Europe monétaire est difficile !

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M
<br /> Merci Claude pour ces propos pleins de bon sens. Comme d'habitude, c'est dans les crises que l'Europe avance, c'est lorsqu'elle est au pied du mur que les vraies décisions sont prises... IL est à<br /> la fois terrifiant et rassurant de constater qu'aujourd'hui les Européens se rendent compte qu'ils sont dans le même bateau, et qu'il vaut mieux hisser un peu plus haut la voile que de se<br /> saborder...<br /> <br /> <br />
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