Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Offrir aux partisans d'une intégration politique de l'Europe des arguments contre l'europhobie galopante

Publicité

l'Irlande vote bientôt pour la deuxième fois

Le 2 octobre, les Irlandais vont à nouveau voter sur le traité de Lisbonne. Curieusement, ce vote semble acquis. Rien n’est pourtant moins sûr, et on peut faire confiance aux europhobes acharnés pour convaincre leurs Irlandais qu’ils n’ont rien à attendre de ce traité. Leurs arguments sont connus : ils sont rappelés dans un article du Sunday Business Post, cité par Courrier International du 17 septembre  (http://www.courrierinternational.com/article/2009/09/16/trois-raisons-de-dire-non-au-traite-de-lisbonne)

« l’Union fonctionne très bien avec les anciennes règles – celles du Traité de Nice ».
Mais peut-on pareler de ‘très bien’ pour un système où la moindre décision prend des mois de discussion, où les humeurs d’un président polonais fantoche bloquent toute avancée, et où toute décision qui fait un tant soit peu bouger les choses est impossible ? Quelles décisions importantes l’UE a-t-elle prises au cours des deux dernières années ? A part celle d’interdire les lampes à incandescence de plus de 100 W, ou de libéraliser le prix du lait, décision calamiteuse s’il en fut, on s’interroge... A moins que pour les auteurs, « fonctionne très bien » veut dire « ne décide rien »...

« Une présidence de trois ans ouvre la porte à toutes les pressions des Etats les plus puissants, alors que la présidence tournante « décentralise le pouvoir dans l’UE ».
Tellement décentralisé en effet qu’il en devient inexistant : la présidence tchèque de janvier à juin 2009 en a été la parfaite démonstration. A l’inverse, la présidence de la France, emmenée par un Nicolas Sarkozy qui a monopolisé le pouvoir dans l’Union, marginalisé la Commission et ignoré le Parlement, a démontré tous les dangers d’une présidence tournante lorsqu’elle est exercée par un Etat et non par un président élu par le Conseil européen constitué des chefs d’État. Le seul reproche que l’on peut valablement faire à cette disposition est qu’il y aura deux présidents de l’Exécutif : l’un président de la Commission, l’autre président du Conseil des Chefs d’État. Mais il est clair que cette disposition va remettre le président de la Commission à sa place, et redonner au Conseil des Chefs d’État les moyens de fonctionner dans la durée. Pour les adversaires de la « bureaucratie bruxelloise », ce devrait être plus un avantage qu’un inconvénient, car le Président du Conseil pourra bloquer les initiatives inopportunes de la Commission beaucoup mieux que ne le fait le président tournant à l’heure actuelle.

« Ce traité ne remédiera pas au déficit de démocratie qui caractérise l’Union ».
C’est ignorer les avancées importantes du traité en ce qui concerne les prérogatives du Parlement européen et des parlements nationaux. C’est le Parlement qui proposera un candidat à la présidence de la Commission, et non pas, comme aujourd’hui, les chefs d’État qui se mettent d’accord sur le nom de M. Barroso au terme de tractations obscures, et moyennant la promesse que M. Barroso ne mécontentera personne...

 

En fait, tous ces arguments cachent mal la mauvaise foi habituelle des adversaires de l’Europe, qui crient au manque de démocratie, à la tyrannie de la bureaucratie bruxelloise, à l’incapacité de l’Union à protéger les économies de l’Europe des inconvénients de la mondialisation et à résoudre les problèmes majeurs de notre temps, mais qui font feu de tout bois pour saborder un traité qui remédiera – en partie – aux maux qu’ils dénoncent.
Gribouille se porte fort bien...

 

Claude Bardot

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article