Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 13:04

Nous allons célébrer une fois encore le 8 mais 1945, date non pas de la fin de la Deuxième Guerre mondiale – celle-ci ne s’achèvera que le 2 septembre 1945 par la capitulation du Japon, mais de la capitulation de l’Allemagne nazie. Occasion d’un pont de trois jours, après celui du 1er mai, voire d’une grande semaine de congés, entre le 1er et le 10 mai.

Mais qui se soucie du 9 mai ? Qui se souvient que le 9 mai 1950, Robert Schuman présentait sa proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien de relations pacifiques. Cette proposition, connue sous le nom de "déclaration Schuman", est considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne.

« Aujourd'hui, le 9 mai est devenu un symbole européen (journée de l'Europe) qui, aux côtés du drapeau, de l’hymne, de la devise et de la monnaie unique (l'euro), identifie l'Union européenne en tant qu'entité politique ». C’est du moins ce qu’on lit sur le site officiel de l’Union européenne. Car la réalité est bien loin de cet optimisme. On continue à célébrer le 8 mai et le 11 novembre, et cet hommage aux morts de ces deux guerres est légitime, mais le 9 mai passe – du moins en France – à peu près totalement inaperçu.

Or cette Déclaration Schuman contenait déjà le projet d’une Europe politique :

« La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l'Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. L'établissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays qu'elle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique. Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d'intérêts indispensable à l'établissement d'une communauté économique qui introduit le ferment d'une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes.
Par la mise en commun de productions de base et l'institution d'une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l'Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d'une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix
 ».

Unification économique, fédération fondement de la paix : où en est-on de ce rêve vieux de près de 60 ans ? Alors que la crise qui sévit dans le monde devrait être l’occasion d’une réponse commune de l’Europe, fondée sur la solidarité entre les pays membres, on voit se développer partout un égoïsme ravageur, un chacun pour soi totalement opposé à l’idéal de Robert Schuman, et qui ne peut conduire l’Europe qu’à être spectatrice de la relance mondiale.

A la veille d’un nouveau scrutin qui doit renouveler le Parlement européen, il serait bon de se souvenir que Robert Schuman et les pères de l’Europe voyaient les choses différemment, et que seule une politique économique commune fondée sur la solidarité et la coopération entre les pays membres pourra nous sortir du bourbier dans lequel une conception irresponsable du libéralisme nous a plongés.

Par Claude bardot - Communauté : Europe et politique
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